8 avril 2019 – Le Lundi des Écrivains avec Guillaume Musso : « Il est aussi difficile d’entrer dans ce monde imaginaire que d’en sortir ».

Propos autour de son livre « La vie secrète des écrivains », aux Editions Calmann-Lévy. Modérateur : Hubert Artus, journaliste littéraire pour Lire, Causette.

Ce n’est pas un romancier parmi tant d’autres que nous avons eu le plaisir de recevoir ce 8 avril 2019 dans notre rendez-vous mensuel du Lundi des Ecrivains. Guillaume Musso est en effet l’auteur français le plus lu en France depuis huit années consécutives. Un plébiscite incontestable et sans cesse renouvelé, qui n’incite pas pour autant notre invité à se reposer sur ses lauriers. Guillaume Musso s’aventure de plus en plus résolument sur les terres du thriller, et son nouvel opus « La vie secrète des écrivains » s’inscrit totalement dans cette dynamique créative. Il est en effet construit autour de l’effet Streisand, selon lequel « Plus vous cherchez à cacher quelque chose, plus vous attirez la curiosité sur ce que vous souhaitez dissimuler ».

Habituellement, ses romans se passent à New York, une ville qu’il connaît bien et où, pour lui, tout est possible. Cette fois-ci, le plaisir a été de créer une île fictive inspirée de Porquerolles, de la Corse et des îles grecques, afin de pouvoir s’évader par l’esprit vers sa Méditerranée natale.

Ce livre raconte l’histoire d’un auteur célèbre, Nathan Fawles. Et si l’intrigue n’a rien d’autobiographique, il était néanmoins passionnant pour notre invité de faire du métier, de la vocation d’écrivain, un des thèmes majeurs de son roman. Guillaume Musso nous a ainsi confié avec humour que certaines réflexions de Nathan Fawles pourraient être les siennes, notamment cette idée de prendre du plaisir à écrire et à jouer avec le lecteur. Il y a donc beaucoup de « jeu », mais aussi de « je » dans ce roman. Ses personnages peuvent lui ressembler, ou du moins posséder certaines facettes de sa personnalité. Habitué à avoir recours à des spécialistes pour étayer la psychologie de ses personnages, il n’en a pas ressenti le besoin dans « La vie secrète des écrivains », la vie du protagoniste principal entrant plus naturellement en résonance avec la sienne.

Selon sa propre expérience, la profession d’écrivain ne s’arrête jamais, y compris lorsque ce dernier n’écrit pas. Notre invité va même plus loin, en expliquant que ses meilleures inspirations jaillissent le plus souvent au moment où il devrait justement se déconnecter de son travail. Il nous a confié en revanche ne jamais écrire chez lui, car la maison n’est pas un lieu pour travailler et qu’il faut : « savoir quitter ce monde imaginaire pour retrouver sa famille ». Il l’a réalisé lorsque sa femme lui a gentiment fait remarquer qu’il passait plus de temps dans son « monde de papier » que dans la vie réelle, avoue-t-il. « Il est aussi difficile d’entrer dans ce monde imaginaire que d’en sortir » furent les derniers mots de l ‘auteur qui, tout encore imprégné de l ‘écriture de son dernier opus paru le 2 avril 2019, et sous les applaudissements d‘un public conquis, a conclu ce 7ème Lundi des Ecrivains.    

Le public a été enchanté par cette rencontre intimiste avec ce grand romancier, dans ce lieu où de nombreux écrivains ont passé tant de moments à noircir des pages d’histoires ou de poésie devant un chocolat ou une liqueur interdite.

Photo : (c)Emanuele Scorcelletti